La carrière des talcs de Luzenac, petit bout de montagne à 1800 mètres d’altitude, au coeur de l’Ariège, est encore pour peu de temps, la propriété du groupe anglo-australien Rio Tinto. Sur le site et dans l’usine, 350 personnes y travaillent. Marocains, Ariégeois, Espagnols, Audois ou Portugais. se retrouvent chaque année, certains depuis presque 30 ans, pour la saison d’extraction. Ils ont vu leur travail évoluer parfois vers moins de pénibilité, mais ils ont vu surtout leur nombre se réduire. Ceux qui sont restés ont dû s’adapter en permanence à la rationalisation de leur tâche pour rester rentables dans un contexte de mondialisation.
Les tensions sont extrêmes sur les matières premières, le rachat de l’usine est programmé.
Dans un paysage quasi lunaire, au rythme d’énormes engins dignes de la guerre des étoiles, souvent de nuit, ces employés, dont l’impuissance et l’inquiétude sont palpables, se racontent, en effectuant les gestes du travail quotidien.
L’environnement sonore particulier de la carrière, riche et bruyant, donnera lieu à la création d’une musique expérimentale, recomposée à partir des sons originaux.