Leonov, le piéton de l’espace
de Vladimir Kozlov
En tournage
Versions Française, Russe, Anglaise
Format : version longue : 90’ - DOC TV : 52’ & 5 X 13’

ALEKSEI LEONOV, le piéton de l’espace


Les règles étaient claires, les entraînements successifs avaient martelé les processus d’entrée et de sortie dans le vaisseau Voskhod 2 : le retour dans la capsule se fait les pieds les premiers, et l’on reste en contact permanent avec l’équipe au sol. Et surtout, on ne dépressurise pas la combinaison une fois lâché dans l’espace. Le cosmonaute Aleksei Leonov ne respectera aucune de ces consignes, ce qui lui sauvera la vie ce 18 mars 1965. Le jour où il fut le premier homme à flotter dans l’espace. Au contact du vide son scaphandre s’était dilaté en une monstrueuse armure rigide, sur laquelle il n’avait plus d’emprise. Léonov dut lutter pour saisir le cordon ombilical qui le reliait à la capsule spatiale Voskhod 2. Les images enthousiasmèrent le monde qui n’avait pas idée du drame qui se jouait. Baïkonour, le centre de contrôle était pétrifié. Léonov avait coupé le contact avec la Terre.

IMG/flv/Leonov.flv

L’existence entière de Léonov est pleine d’événements similaires, de mort imminente, et de vie qui ne tient qu’à un fil. Il parle de destin, de hasard, ou de Dieu. Son sang-froid et sa capacité à s’extraire de situations périlleuses lui vaudront le surnom de Trompe-la mort. En 1958, le système électrique du MIG qu’il pilote tombe en panne. Léonov ne s’éjecte pas, et réussit à poser son engin au sol. Cet acte de bravoure lui vaut d’intégrer l’école spatiale. Il échappera en 1969 à un attentat qui visait Léonid Brejnev. Il détournera la tête à temps, la balle allant se ficher dans le fauteuil de la voiture. En 1968, une allergie interdit à l’équipe Leonov de monter à l’intérieur du vaisseau Soyouz-11. Les remplaçants ne reviendront pas vivants de ce vol. Ce qui est sûr c’est que rien ne destinait cet enfant de paysans pauvres à devenir cosmonaute. Il voulait devenir peintre. Il réalisera de nombreuses œuvres « cosmiques » de ses premiers pas dans l’espace. Léonov est un personnage de film, un homme entièrement acteur de sa vie, dans un monde rigide et réglementé.

Vivre son enfance en Sibérie centrale pendant la Seconde guerre mondiale, quand les températures hivernales tombent à – 50 °, forge des natures à toutes épreuves. C’est cette Russie-là qui met au monde la première équipe de cosmonautes, des êtres aguerris au froid, à la faim et à la guerre : l’ami Yuri Gagarine, Valentina Tereshkova, Titov, le colonel Belaiev, Aleksei Leonov… Cette Russie-là enverra le premier satellite de la Terre, et le premier homme dans l’espace. Léonov commandera en pleine guerre froide le Soyouz 19 qui rencontra en 1975 le vaisseau spatial américain Apollo. Pour cette mission il fallait un diplomate doté d’un bon sens de l’humour. Il est définitivement devenu un héros de l’aventure spatiale. A 75 ans, Aleksei Leonov croule sous les distinctions. Ancien général de l’armée Rouge, double héros de l’Union Soviétique, il dirige aujourd’hui une banque, une usine de contreplaqué et vient de lancer la montre-chronographe « Leonov ». Il aura passé 7 jours 33 minutes et 33 secondes dans l’espace. Il ne conserve qu’un seul regret, celui de ne pas avoir marché sur la Lune. Sur la page de garde de son cahier d’écolier était écrit : « Mon destin m’appartient. Je ne compte que sur moi-même. » ? VLADIMIR KOZLOV a été pendant 15 ans assistant réalisateur aux studios Mosfilm et Belarusfilm. Il a travaillé avec Klimov sur « Requiem pour un Massacre ».En France depuis 1992 il travaille dans le théâtre puis revient à l’audiovisuel en 2004. Il réalise en particulier « le rock clandestin de Youri Morosov » quisera primé dans les festivals de Kiev et Eger et sélectionné dans denombreux festivals : FIPA, Trace de vies, Sao Paolo (32ème édition), Doc review (Varsovie), Mar del Plata, Ashdod...



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