Le curé des cimes
de Sandrine Mörch
2010, 52 min, diffusion France 3 Sud 22 janvier à 15h20

Il a pour paroisse une vallée entière, dans les Hautes-Pyrénées, à quelques kilomètres de l’Espagne. Soit une dizaine de chapelles, six églises, et 2.500 paroissiens pour un seul homme. 1000 mètres de dénivelé aussi entre son presbytère de base, à Campan, et sa plus haute église, à la Mongie (1 500mètres) Son vicaire, c’est son 4X4, avec lequel il circule inlassablement depuis trente ans, de malades en malades, de paysans isolés en bergers reculés, avec quelques incursions champignon, framboises, et autres délices de montagne. Jean Depierris est sportif de haut niveau, par la force des choses. Genre marathonien…Né dans un village de montagne voisine, à Ancizan, il a toujours chaussé les skis pour rendre visite et porter la communion à ses paroissiens les plus isolés ; parfois enfouis sous des mètres cube de neige. Il leur porte la communion, le pain aussi, et des gâteries que lui prépare toujours Sœur Christine, attentive à ce que son sac à dos ressemble à la hotte du père-Noël. C’est un curé épicurien, qui soigne les âmes meurtries de ses paroissiens avec des gâteaux faits maison, du rire et des paysages à couper le souffle.

Un sacerdoce doublé d’une santé de fer Tandis que Jean baptise, marie et enterre à tour de bras, Sœur Christine dirige le presbytère, le catéchisme, et la chorale d’une main de fer. Du « couple », c’est la fermeté, le sens critique et le holà, lui, c’est la bonté débordante, la gaieté, et la faiblesse de ne jamais savoir dire non… Les deux sont têtus comme des mules de montagne. Et ils ont en commun une générosité sans faille. Ils vivent sous le même toit presbytérien depuis trente ans, en tout bien tout honneur. Ce qui a si longtemps fait jaser les villageois et le clergé, ils l’ont imposé, clairement et simplement. C’était « les deux ou rien » et plus personne n’a plus rien trouvé à y redire. Il l’appelle « la sœur », elle l‘appelle « l’abbé ». Lui est du matin et fait griller les tartines, en robe de chambre tous les deux ; elle est du soir et écrit ses mémoires.. Ils partent en vacances ensemble en Espagne manger du chorizo ou faire de la montagne. Et ils finiront leurs vieux jours côte à côte au couvent de sœur Christine. Dorlotés par leurs paroissiens. Ces derniers en revanche ne conçoivent pas comment ils vont pouvoir désormais enterrer dignement leurs parents sans curé pour les accompagner jusqu’au cimetière, puisqu’il était l’un des derniers à le faire. Jean de Campan, c’est l’histoire d’un des derniers curés de montagne d’une splendide contrée, où l’opiniâtreté, la gaîté et le charisme permettent de résister à toutes les intempéries de la vie.



Partenaires : Une coproduction France Télévisions, TLT et les Films de la Castagne